Ma vie, mon oeuvre

Son Gulien sut qu’il ferait du hip hop sa vie, dès l’instant où il fut sorti du concert de Benny B. 
Maintenant chaudement contre son cœur, serrée, la K7 dédicacée sur laquelle était marquée :
« Yo pour Julien le b boy » signé Daddy K ; stimulus déclencheur à la carrière de DJ.
Seulement à 11 ans, ce n’est pas évident de faire lâcher 10 kilofrancs pour 2 platines à ses parents.
Bon tant pis et de fait, il ferait hocher les têtes, muni de son mange disque qui parlait la « voix de son maître ».
Pour ne pas niveler par le bas, Son investit toute son ardeur. Les Ministars et Douchka connurent de mauvais ¼ d’heures. 
Les vinyles du grand frère se montrèrent plus réfractaires, mais tous y gagnèrent des sillons surnuméraires.
Le H.I.P H.O.P. étant pluridisciplinaire, Son Gulien se mit à user son survêtement sur le parterre.
Roulé boulé, galipettes s’exécutent avec classe car dans ses influences, Son cite Vanilla Ice.
Mais c’est en dix-neuf cent 9-2 qu’il eut la volonté de faire mieux, pour percer dans ce milieu, avoir des fans et des envieux.
« Nous sommes 2 rappeurs qui racontent leur histoire. Nous sommes 2 rappeurs 
qui sont dans le noir.
nous sommes 2 rappeurs qui racontent leur histoire nous sommes 2 rappeurs »
Ca c’est le 1er refrain que Son Gulien posa sur la b side instrumentale du maxi « bouge de là ».
1er refrain de Son Gulien, à l’époque MC Barner, tout aussi arythmique qu’une palpitation au cœur.
Le nom de son groupe était « Rap Brother Junior », formé pour revendiquer
que la vie en 6ème c’est hardcore. En a survécu une K7 2 titres collector que tous les crate diggers s’arracheront un prix d’or.
Passée une période graff Réalisés aux feutres sur son cahier de texte, sans sortir du contexte, 
Son décida d’exploiter, et non sans difficulté, les facultés négligées de son Amstrad CPC.
Programmation basic. Mémoire vive 128 bit. 2 canaux synthétiques gérant la basse et la rythmique.
Oeuvres aux nombres complexes, auditeurs laissés perplexes. « Ici l’espace en duplex », Pour la suite, suivez mon index.

Je crois pas pouvoir me souvenir du jour de ma naissance. En même temps on va pas se mentir personne peut y revenir avec aisance. 
A ma connaissance, je me rappelle qu’il pleuvait, on m’avait refilé un nuage en héritage et qui me suit donc depuis mon plus jeune âge.
 dans la merde depuis ce moment, 
imagine-toi dans les dessins animés de ton enfance que t’aimait tant, 
le malchanceux le looser, le poisseux un peu teigneux, se traîne toujours son cumulus 
qui lui pisse dessus, mais qui l’accepte en guise de consensus.
 ou qu’on s’en foute, on se le garde comme son ombre.
Sans aucun doute dans une équipe de foot, j’étais le numéro douze, donc pas le bon nombre. Alors j’ai parlé tard, mieux vaut tard que jamais, mais ce fut une tare pour mes parents qui avait pour moi de grands projets. 
Bref, j’ai pris mon temps, ménagé mon effet, observant dans la glace mon visage et mon nez pas encore bien fait. 
La calvitie a débuté à huit ans, c’était chiant, donc déjà vu comme ça partait j’aimais pas, alors la première chose que j’ai sortie ça a été : « Oh ça va … »
Première bouée deux ans après, 
je parle pas de la piscine mais de la brioche, 
celle qui te fait perde beaucoup de tes attraits, auprès des filles, qui te trouvent trop moche. Des femmes des meufs des rates… les mots se dégradent, mais c’est comme ça quand tu sais que tu peux déjà aller te gratter, et que quoi que tu tentes de toute façon ça rate.
Bref, première croix à porter, mais aussi tracé, sur ces quelques rêves avortés, cassés, avant même d’avoir eu le temps de me tracasser. 
Alors je suis tombé dans la drogue, je m’enquillais des verres de Tang pure où je me les injectais à coup de piqûres. 
Épicurien du matin au matin, avec une partie de la journée aux gogs, parce que mon bide me trouvait trop malsain. 
Imagine, une révolte intestine quotidienne, avec ton nuage qui inonde le carrelage, et y a même pas de mais qui tienne. 
Nan ce qui tient ici, c’est l’aigreur devant un ciel trop gris, mon destin était tracé j’étais fait pour intégrer le Grigri. 
J’avais pas de bol avec ma coupe au bol, une perruque en guise d’obole pour cacher ma calvitie, 
m’aurait empêché de jouer au curé pour piquer la quête et de me retrouver ainsi ; 
à justifier mes blagues par une candeur de jeunesse feinte, 
il est juste de se fier à un enfant de cœur quand sa foi est sainte. 
En l’occurrence, je m’en suis toujours sorti, même si j’m’en cure la panse 
et que je cours chaque jour vers une connerie sertie de risques, un jeux de mot crade bien senti, qui laisse en rade une belle table et transforme d’un coup un banquet en véritable étable aussi mémorable que misérable. 
Une marque de fabrique aussi léger qu’un moellon en plomb qu’une brique, 
gravée d’un B au patchouli, qui veut dire Al Bundy qui cherche à monter une clique pour râler du lundi au samedi (et ça c’est pas très chouli).
Ma vie mon œuvre, je suis ravi quand j’entame les grandes manœuvres. 
A l’abordage du bon goût. Au bord de l’âge bête en balivernes et bagouts, 
sabordage perpétuel mon film de chevet c’est la soupe aux choux.
Mon choux, c’est comme ça que m’appelait ma mère, 
parce que ça rimait avec genoux cailloux et poux, j’en garde un souvenir amer.
Quant à mon père, il s’appelait Ted, 
tu veux savoir qui c’était, alors va voir auprès des flics pour qu’ils t’aident, 
à connaître son histoire, pour en discuter autour d’une bonne poire, 
t’auras besoin d’un remontant quand tu auras appris quel était son hobbies, comment il a occupé son temps.
Le mien, je le passais dans une pièce opaque, qu’on ouvrait seulement pour pâques, 
C’est l’époque des prières, on me filait un pack de bière pour pas que j’ai l’impression que mon père était un collectionneur d’impairs et ma mère une vieille rombière. 
A dix huit ans, j’étais en âge de sortir, 
Accroc à la Kro, après un passage bref par la Leffe, j’ai décidé d’arrêter de m’appesantir. Alors je me suis lancé dans les études, 
calibreurs de saucisses, c’était moins une passion en vérité qu’un vice, je faisais mon chemin par habitude.
Tu dois te demander ce qui m’a poussé à continuer dans cette voie, 
il paraît que j’étais doué, je l’ai entendu plus de 7 fois et jamais de la même voix.
J’ai pu monter un ptit trafic et me faire mon beurre, 
mais comme j’aimais pas les épinards j’ai continué à enfler, un vrai con plein de tunes vraiment peinard les doigts de pieds en éventail dans le bonheur. 
C’était pas la bonne heure pour investir, la crise de la vache folle m’a cinglé comme une bâche que l’on te colle dessus à coup de hache. 
H.S et cinglé, j’ai demandé un prêt au PTT pour pas finir au RMI, mais le GMR m’a remis à ma place, dans mon chemin, j’ai remplacé le S de SMIC par des textes pour pouvoir financer mon palace.
Je suis pas l’as du M.I.C, je manque de classe pour m’immiscer, mais je veux laisser une trace pour m’y hisser, sans passer par le sas de ceux qui se lassent pour m’asseoir en face des strasses et laisser mon flow pisser. 
Al Bundy, celui qui râle du lundi au vendredi, qui c’est qui t’l’a dit ?dans ton cul

L'arc en ciel

Un arc en ciel terne se réfracte sur ma rétine,
Titille mes paupières, tente de froncer mes sourcils.
Chaque parcelle de mon corps s’alimente de poison astral, 
Et le goût corpusculaire me paraît délicieusement fade.
A l’aube du cyber-taoisme, je sens mes muscles s’étirer, 
Ma tête ornée d’un nuage triste et la terre me retenant par les pieds.
Dois-je patienter 3h avant d’être libre de me baigner ?
Car la masse de cette charge va sans force me faire couler.
Puis-je mettre un terme à tout cela ? Des fois j’y pense quand je ne dors pas.
Certains arguments contraires me font douter de mes choix.
Angoisse du bilan objectif, se réveiller sans un seul tif.
Marre de m’user les alvéoles pour me maintenir compétitif.
C’est ça ma vie, chagrin, hip hop machine et machin.
Éjac' de rimes à l’interstice de tes deux seins.
Partouze de mots. Mon regard s’égare.
Éteints donc la radio, le doigt dans l’allume cigare.
Scansion arythmique et gamelle systématique.
Le ridicule je m’y applique. Chauffage en vitrocéramique.
Je boue, je déborde. L’érection est au bout de la corde.
Je dégueule mon harmonica. Le soleil frit mes cheveux gras.
Je m’émeus et m’articule, recherche le mouvement perpétuel.
Mon corps devenu pendule, métronome mutant virtuel.
A l’ombre de moi-même. Le parterre d’Eden se fertilise sans grande peine des idées sombres que je sème.

Et le groupe fut, puis enfla pour devenir foule.
Je perçois un picotement spongieux autour de mes yeux quand le sel coule.
Pas de full pour moi, puisque je n’aime pas marcher en paire
Je baisse en intensité, je planque mes ampères, je suis ce qu’on appelle un individu en manque de repère.
Repus de repos, ma vie une soupe un suppo / un pieu
De Satan à Dieu, l’écart est grand et je suppose qu’il y a mieux/ Au milieux, 
mille raison d’aller à mille lieux de ces maisons de vieux
Le soleil est plein de radiations, ce qui promet un avenir radieux, je sais déjà qu’on va faire beaucoup d’envieux.
Devine le nombre de gens qui de désespoir s’avinent.
Vive la France, car s’abîmer ici est légal puisque tu trimes pour des primes, 
du moment que ton liquide d’oubli tient dans une bouteille de verre ça m’est égale, c’est minime... Allez je t’avoue, c’est pas pour des primes mais pour des prunes, mais je voulais pas que tu déprimes.
C’est mignon, pas de pains mais des quignon, pas d’étendard mes des fanions, pas de champion mais des Fignons, pas de volonté mais des moignons.
Joignons, nos têtes pour mieux se faire pendre
On a déjà bien tous rapproché nos culs pour bien se faire prendre.
Orgie orgasmique de méthane colorée, pour délire sismique de butane onoré, troufion ou croupion rime avec oignon c’est de là que ça sort fais pas ton timoré.
Demande moi le nombre de gens que tu serais prêt à tuer après une journée transports en commun
Et je te dirai où en est l’état de ton humanité, sachant que je la situe déjà entre 0 et 1
Le système, un bien grand mot, tout comme la société, responsable de tant de maux.
Stop ta parano. Tu sais très bien que tu représentes, alors arrêtes d’être systématiquement con chaque fois que l’occasion se présente.

Bienvenue dans le monde des affaires, mon crew en situation précaire.
Une petite pièce pour le GMR ; le doigt relié à ton sphincter.
Un peu comme Haroun Tazieff, un pied au bord du précipice.
Je me plais à rapper dans le zef au chagrin de mes bénéfices.
Vendre, acheter, transaction, mercantilisme, prostitution.
L’univers une fatalité, aux étoiles je suis empalé.
Publicité mensongère face aux slogans réactionnaires.
Vacances au bord de la mer avec un tube de somnifère.
Je ferme les yeux, je m’use, les crève comme face à la méduse.
A bout de force je me résigne, combat risible et inutile.
Je suis, tu es un mouton. L’idéal serait nous broutions sans nous poser de question.
Sans soupçonner le loup, omniprésent on se sait où.
Alors pourquoi certains « belle » comme Patrick Fiori et Garou.
Je dors, je bouffe, je bosse, je fais caca, je fais pipi.
C’est pas encore la zon-pri, cursus de Tamagochi.
Frustration en speed dating. Personne ne s’échappe de Sing-Sing.
QCM remplis au feeling. La Joconde avec un piercing 
Au bout du téton droit. Vis ma vie et c’est mon choix.
Nicotine et chocolat. T’as perdu, et donc tu bois.
Le manque de temps et de thune, le RER comme fardeau.
Un jour je partirai sur la Lune comme je creverai un cheminot.
Des segments de vie disparaissent à chaque battement de cil. C’est de l’usure subtile.

Mon armoire est remplie de papier cellophane, je m’enroule dedans telle une momie dès le matin devant mon miroir pour le cas où je tomberai sur une J.LO fan.
Je sais, je sais, il faut que je positive, mais je sens que tout s’oppose à chacune de mes tentatives, c’est pour ça que de désespoir je me prive de lui expliquer, cette fille tu sais n’est pas très vive.
Engoncé dans cette pellicule de plastique transparent, je me sens enfoncé de ridicule car les élastiques sont apparents
Autour de mes oreilles, et des commissures de mes lèvres, je m’assure ainsi que mes sourires ne sont plus que de simples fissures qui survivent par delà mes rêves.
J’ai vendu mon ombre, car les jours à venir sont déjà bien sombres
Le choc passé, nous sommes terrassés, et bien assez sur cette terre puisque j’entend que l’onde gronde
Sur la bande FM, ne passe plus que des chansons pour ma Mère
Des mp3 du GMR sur internet sont peut-être moins éphémères
Mes rides marquent mon visage, je ressemble à un pruneau
C’est la marée de merde qui me ravage causé par les verbiages de Jean-Pierre Perneault.
Cet homme ment, il me fait du mal, je me fous du fric
Pour me faire entendre je peux changer de flow et aussi de tactique si tu trouves que ça fait plus chic je te le prouve c’est magique.
Cyclothymique, mon humeur est comme une rythmique, un cyclone timide, tempête dans un verre d’eau de Munich
Je m’unis à Son, puis me munis de sons en somme, Ben Becker et Olivier Atone, on shoot dans les mots pour un résultat unique je te donne
Des raisons, de me regarder atone, aphone, à fond, 
tu décroches même plus quand ton téléphone sonne, tu fonds, 
comme une poupée de chiffon que j’aurais plongé dans de l’acide
Garni ton visage de lipide, puisque tu sues, tu es livide. 
J’ai su, autrefois, que les gens avaient des cœurs moins vides, mais il est devenu aussi racorni qu’un raisin sec, il n’y a ni raison, ni raccord entre leur pensée et leurs actes et c’est ça qui me fait mal au bide.
Alors, quand un arc en ciel terne se réfracte sur ma rétine,
Titille mes paupières, tente de froncer mes sourcils, je rétracte ces marques installées sur mon front qui se patine 
des couches de poussières de vies ennuyeuses, 
puis laisse s’évaporer ces pensées fumeuses derrière mes verres fumés pour rendre les choses moches brumeuses.
Je prend l’arc en ciel, en tend la corde, claquer, 
et comme une flèche, je m’en fiche.
Puis je passe au travers de ces choses décalquées, mon front se plisse, moins lisse, mais je ne me fait pas de bile, ce n’est qu’un arc en cils.dans ton cul

Ébullition

A la verticale de l’être, j’enfile un bonnet et des chaussettes. Je me cale contre mes vertiges, la chaleur me fige. J’ai les yeux rivés au thermomètre.
Je maîtrise la cuisson des pâtes comme moyen de locomotion. Tetrabrique de Tetrapack, j’enjambe le pont de mon Ascension.
Ma scansion est une chasse que je tire, à cours de brouillon, j’accoure à court bouillon, ma bouille aboule et abonde, et je me dis courage fuyons.
Compagnons, la cuisine moderne est une affaire de tactique, et dans l’évier décongèlent des saucisses mortes en plastique.
Pratique l’astiquage de cage thoracique à l’aide d’un mouchoir ayant reposé sur de la céramique, froide, si possible.
Pour sur, le crible des ossements aux rayons X est tentant. Mais je préfère tendre l’arc de mes côtelettes aux passants.
En un mot, comme en cent, je me sens comme Maupassant face à sa glace, la sueur sur mon visage se dépose sur mes traits et les efface. Je refais mon reflet, à coup de mots un peu replets, mais le cycle de la chaleur, bouillonnant la sueur, semble figé en mode replay.
Repu à la paix, c’est abscons, c’est abstrait, je repousse ce dernier pot de glace, parfum crumble de concombre, au bon lait de vache.
Ainsi que la Fêta Salakis, au bon lait de Brebis
A coup de hache, le temps d’un kiss, l'esquisse du calorimètre copule avec une playmate sur le cuit vapeur en levrette.
Les lèvres vertes, à force de susurrer des mots doux à l’oreille des courgettes, je cours vers les gens frais et je comprends qu’ils me rejettent.
Attrapé en plein vol, l’air abjecte, je remplis ma coupe au bol de céréales, sacré Graal, nettoyé au WC net parce que ça désinfecte.
Des insectes infectes affectent et détectent la défection des glandes lacrymales que j’humecte. Ils se glissent sous mon épiderme, puis déterminent un degré d’engourdissement te que c’est à mon lit que je m’attelle.
Mater la télé qui martèle, comme Charles à Poitiers, me fait brandir mon épée vers les petites cases sensorielles. 
Sans maîtrise, la puissance n’est rien. Mais avec traîtrise, la nuisance, c’est bien
Avec gourmandise, ma panse s’étend. Mais les friandises, en ton absence, c’est tentant.
Sympathise à distance et devient mon copain. Mais avec la tise, la carence se maintient.
Eternalise la présence de tes fesses sur ton divan et intellectualise les cours de sport, sinon c’est chiant.
Pas de bras, pas de chocolat 

Chaque goutte de sueur est aussi salée qu'une larme de l'esprit
Des perles qui scintillent à la lueur de mes humeurs, qui font de moi leur ennemi
Les tractations sont vaines, et les concessions m'écoeurent
Ces mots se drainent de mes veines, sous la poussée soudaine de mon cœur.
De la boue qui traverse mes artères, naît parfois quelque chose qui altère, 
le cycle, une fulgurance unique, 
qui met le feu au poudre, puis tout bouillonne jusqu'à se dissoudre, je cherche des sons pour les recoudre, mais je ne trouve que des lettres à moudre.
Des signes, dessins noirs sur page blanche ayant perdu toute consigne, on y verra le vilain petit canard qui n'est rien d'autre qu'un signe noir, 
je tiens plus du singe voulant écrire que du poète voulant sentir.
Je m'en tire bien, ce serait mentir que d'être un chien ne faisant que s'appesantir.
Le poids des mots m'empêche parfois d'exprimer 
le bouillonnement intérieur avant qu'il ne finisse par se périmer
Je pêche par excès de peur de perdre le fil, et oublie
Laissant les autres derrière, ne pensant pas à ce qui me relie.
J'éponge mon front et observe la pellicule humide couché sur mes écailles
J'entends des cris qui me poursuivent où que j'aille.
Je mitraille la page blanche, je la recouvre c'est ma revanche, 
Affranchi des chaînes qui me retenait, je franchis le relief des mots, je renaît
Qui renâcle à comprendre tout au pied de la lettre, 
restera dans l'ombre des mots, je plains d'avance son mal être.
De mes sourcils qui se froncent jaillit un arc en ciel et j'avance
Jusqu'à trouver le point de chute, jusqu'à l'errance, et sans doute la démence.
Mais peu importe,
Le poids des mots, ce n'est plus moi qui le porte
Je flotte, sur les bulles du bouillonnement, 
Que je fais mienne
chacune d'elle renferme une lettre, une note
Notamment
Que je fais mienne, 
à tour de rôle je les enroule autour de ma plume
Que je fais mienne
J'écume les recoins de la langue, je sens sous la chaleur qu'ils fument.
Je fantasme sur leur sens comme d'autre sur la face caché de la lune.

Mes états d’âme sont malléables comme le karma d’un bubble gum
Ruminer est un plaisir auquel souvent je m’adonne
Les mises à jour empathiques se sont inscrites dans l’air du temps
Et c’est depuis sans réticence que j’arrache ce qui colle aux dents
Je vis dans une bulle de savon, comme Clémentine au téléthon
Les synapses en éruption, j’ai du manger trop de poisson.
Le cauchemar de Darwin, c’est quand le Nil te tend la perche
Concours de pêche à la ligne, le fil qui scinde en deux ton derche
Ici ce qui mord à l’hameçon naît sans temps de gestation.
Spontanée génération et dilemme de la filiation.
Le penser Maiards Grigri se jouent même de tes grands-parents,
Arrange leur bain en jacuzzi avec un tube d’Efferalgan
Bicarbonate de Carambar, je mélange champagne et Valstar.
Ca recoiffe d’un brushing ma vie quand je m ‘égare à l’écume des bars
Du crépuscule à l’aurore, mon corps se fond en métaphore,
En crépitement, en météore. L’instant d’après, tout s’évaporedans ton cul

Le lit vide

Déchéance en avance, le temps passe plus vite qu’on ne le pense.
Les battements de mon cœur, comme un tuner, modulent leur fréquence
En fonction de l’ambiance qui ne perdure malheureusement pas intense.
Je ne peux que constater le nombre de choses qui pour moi perdent en importance.
J’ai dégueulé mon petit déjeuner, recraché mon goûter ; feu mon dîner gît à présent à mes pieds.
Sans doute un de mes karmas a viré plus vite que moi,
Et je peine à distinguer le nectar de la mort aux rats.
Prêtez moi de l’attention, car s’annonce mon ascension.
A mi-parcours d’une vie de vieux con, je ne suis pas venu pour une liposuccion.
Je la laisse à ma voisine dame pipi. En vitrine du juste prix, 
Un séjour tout compris pour une semaine d’euthanasie.

La nuit j’ai des insomnies et des cauchemars le jour.
Les aiguilles tournent, sens inversé, pendant que j’attends mon tour.
Un cathéter me brûlent le bras, au goutte à goutte je me noie.
Au centre de mon omerta, on ne me voie, ne m’entend, ne me parle pas.
La nuit j’ai des insomnies et des cauchemars le jour.
Les aiguilles tournent, sens inversé, pendant que j’attends mon tour.
Je vais bientôt débarrasser les draps, l’aide soignante ne veut que ça ;
Marre de me voir disserter sur le contenu de mes plateaux repas.

A quoi tu joue petit con ? Le regard vers le plafond
Seringue et contention / Améthyste hypotension
Ma température oscille de l’amont à l’aval du Nil.
En coquille de noix docile, dans le Styx se noient les sex appeals.
Je n’ai plus d’état d’âme, plus de chien ni d’hippopotame
Ni de porc à Amsterdam. Mais qu’est ce que c’est que ce ramdam ?
La morphine, c'est un fait, se plait à me faire tourner la tête.
Moi, je trouve ça plutôt chouette, quand à mon chevet vient la guinguette.
J’ai la drogue et la boisson, le rythme des palpitations.
La lumière des néons n’attend plus que nous dansions.
Les aiguilles des infirmières sont une forêt de conifères.
En talon dans mon désert, l’oasis de Carlos en dessert.
Décoré de bave séchée, 3 jours qu‘on m’a pas rasé.
Allez vous faire enculer car ce n’est pas vous qui allez crever.
Regardez moi, sentez moi, regardez moi, bercez moi.
Qui dois-je implorer pour qu’on ne me laisse pas ?
Pourquoi m’a t’on rangé dans le couloir des oubliés ?
Le fil de cette sonnette cassée sert-il à se stranguler ?
Non, je n’ai pas besoin de ça. Je suis là et j’attend quoi :
La mort, son costard d’opéra, Me réincarner chez moi ?
Maintenant il est tard, je dois me dire au revoir.
Abandonner mes peines, à mon grand désespoir.
Je regrette tout, mais cela ne sert à rien.
Qui se souciera de mon âme à bout, évaporée au petit matin.

La nuit j’ai des insomnies et des cauchemars le jour.
Les aiguilles tournent, sens inversé, pendant que j’attends mon tour.
Un cathéter me brûlent le bras, au goutte à goutte je me noie.
Au centre de mon omerta, on ne me voie, ne m’entend, ne me parle pas.
La nuit j’ai des insomnies et des cauchemars le jour.
Les aiguilles tournent, sens inversé, pendant que j’attends mon tour.
Je remet au hasard le choix pour la première et dernière fois, 
De déterminer la date jusqu’à laquelle mon corps me portera.dans ton cul

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Me saoule pas avec des pauvres seize soupapes, c'est de la soupe, comme on dit chez les marins, regarde moi pendant que t'as le temps, j'ai le vent en poulpe.
Ma caisse vient du pays du soleil levant, mais c'est le rêve américain, 
j'ai rajouté chaque pièce dessus de ma propre main, c'est crevant.
Ma femme stresse quand elle voit le frigo vide, il parait qu'elle pense aux gosses, mais quand je la compare à ma caisse, je la trouve bien frigide. 
Je bosse sur mon carrosse, je n'ai qu'à le caresser pour qu'il ronronne, 
c'est pas comme avec ma grosse qui grogne et qui me fait penser à une bombonne
Je me dis parfois que je devrais la greffer dans le moteur, 
je commence à en avoir marre qu'on me traite de menteur quand je dis que ma Micra fait du 300 à l'heure.
Dans mon patelin, certains aiment m'appeler Robert de Nitro, 
ils ne me cloueront pas le becquet arrière, c'est faux, je passe pas toute ma journée au bistro
S'ils continuent à tenter de me faire déjanter, je foutrais des baffles à leurs femmes enceintes
Ya pas que leur vitre que je vais fumer, dans mon réservoir j'ai mis de l'absinthe.
Je suis le Roi incontesté des parkings de Auchan le dimanche après midi, 
alors je déteste qu'on me traite de con comme un manche, putain ma caisse c'est toute ma vie.

La prolifération de la pause de prothèse mammaire va t’elle de paire avec le port de la cravate du notaire ?
Telle est la question, qui, mon cortex, tourmente, depuis que j’ai fait migrer mon sportéléc’ sur les tempes.
Je contracte par réflexe. Perplexe, devant le pourtour de graisse qui hypertrophie mon sexe.
Avec ce récent transplant, mes abdos Kro sont moins saillant. Je porte des vêtements plus seyants, comme ça, tout le monde, il est content. 
Solange, j’aime le collagène inclus dans tes lèvres à présent, car il clôture, la fin du temps, où je sentais tes dents.
Je suis soulagé, je n’ai plus honte de te faire pleurer, comme ton maquillage, autour des yeux, est tatoué.
Ça fait faire des économies. Moi, je prend de la valeur avec la gourmette en or gris oubliée par le docteur 
Au milieu de mon thorax, au cour de l’opération, les alarmes sonnent quand je passe mais, mec, j’ai des pec’ en téflon.
Grâce aux progrès de la science, je peux désormais assouvir tous mes fantasmes, y compris les plus pervers.
Mon amour, ma chérie, depuis que je t’ai faite refaire, tu ressembles à s’y méprendre à un phacochère.
Tu es ma phacochérie, tous les jours tu me souris, et tes zygomatiques se fichent de l’emprise de la vie.
C’est pratique, tes récepteurs cholinergiques sont maintenant devenus addict à la toxine botulique. 
Épilation laser, aisselles, pubis et sphincter. Pour mieux parader sur la plage, profitons du dégriffage sur le dégraissage éclair.
Femme du futur, jouvence, silicone, espérance, complexes conformes à la norme.
Ma rétine a des courbatures et ton armure de peroxyde est tout aussi insipide qu’un grand seau de protéines.
Mais je te rassure, tes problèmes de mises à jour, demain ne seront plus, une fois incorporée un port USB dans ton cul.

Un dernier coup d'œil devant la glace le matin me rassure, 
j'existe bien je me convainc que jusqu'ici il n'y a pas de cassure.
Mes chaussures en autruches, y a pas de doutes, me donnent l'air classe, 
je les trouvais moches et cruches au début mais peu à peu mes goûts s'effacent.
C'est facile finalement, je lis les inrock' et je mate Paris Première, 
et peu à peu je comprend ce que j'ai consciencieusement appris avant-hier.
Je traîne ma silhouette élégante d'expos en expos, 
ça me fait du bien d'être parmi ces gens capables de disserter sur des supos.
L'important dans la vie, c'est d'avoir un avis, et comme le vin qui se bonifie avec le temps, moi ce que je lis reste inscrit en moi, profondément.
Je tente de parler de choses que je ne connais pas, 
mais tout en me promettant de me renseigner dessus au cas où, pour la prochaine fois.
Au début, je dois avouer que ce fut difficile, 
mes premiers livres en VO latine m'ont fait durement froncé les sourcils. 
Mais à présent, je suis heureux, j'ai réussit à effacer toutes traces de mes goûts d'avant, c'est merveilleux mais ce n'est pas encore assez
Je dois me débarrasser des gens avec qui je traînais avant. 
Des sortes d'amis qu'on se fait pour ne pas être seul mais qui ne me conviennent plus vraiment.
Il y aussi le problème de ma femme. 
Chaque fois que cette conne ouvre la bouche c'est pour exprimer des choses, des goûts infâmes.
De toute façon elle est moche et cloche. 
Comme un tatouage de Rocky qu'on voudrait chiffonner et faire disparaître au fond de sa poche.
Ces stigmates de mon ancien moi sont d'immondes cicatrices, une sorte d'acné trop insistante qui empêcherait tout succès à une actrice.
Hier à une soirée gay, j'ai découvert que j'en ai étais. Ca m'a fait plaisir, parce qu'on m'a dit que c'était très tendance, quelle chance.
J'ai quitté ma femme le lendemain au Paladium au cour d'une danse. 
Puis j'ai pris de l'imodium avant de me rendre au Queen, et au vestiaire j'étais déjà en transe.
Ca m'a fait un peu mal, on m'a expliqué que c'était normal, la preuve c'est très fashion au fond le contraste douleur / douceur anale.
D'accord, pas de problème, faut souffrir pour être beau
Vivement que le meurtre soit à la mode, comme ça plus personne ne me traitera de blaireaux. dans ton cul

Dysphasie

Agora phobique, arachnoïde, accordéon dessiné à l'aide d'un faux bic, puis bouleversé par un éboulement de briques. Sang de bique
Sang de bouque
Écoulement d'encre mensongère trempée dans les eaux troubles de songes ou j'erre.
Petites idées rangées sur des étagères.
Bancales
Brancard pour idées noires, suicide au rabais, 
solitude du solstice à la lecture des mots ventripotent de Rablais.
Les murs du manoir bougent, lorsque tes ongles raclent le papier, 
une pellicule rouge s'incruste sous la chitine poreuse de tes doigts de pieds.
Imposteur, un poseur, timbre de voix sans aucune courbe.
Pensées sans saveurs, plus de rancune, plus de fourbe, boule de bowling qui roule dans une tête lourde.
Moiteur d'une brume en lambeaux accrochés à une croix
Monocle argenté qui se balance comme une pendule au dessus des toits.
Nuit sans étoiles, courant sans stars, 
électrocutions en guise de palliatifs pour les moments esseulés du samedi soir.
Ego globuleux, peinture sur soie pour se cacher, omnubilé.
Tranchage de veines, bile qui s'échappent, 
prendre les jambes à son cou pour se protéger du froid et croire que c'est une écharpe.
Fuite en avant, besoin de plombier, du plomb dans les murs, 
évacuation de pompiers, fantasmes pour toutes sortes de nymphomanes résignées d'âge mûr.
Si c'est dans la cervelle, on sait que les neurones nous servent. Elle, crise de panique, prise de conscience, filigrane de rêve, nécessité ophtalmique.
Aveugle par choix, vomissements oculaires.
Prises en comptes de valeurs annihilantes et multiséculaires.
Écriture tremblotante, sismographe, 
doigts engourdies peur latente, cicatrices et agrafes.
Aggravé, la note est salée, la nourriture est sale, mais se répéter que ça va aller.
Pourriture de la chair, morceaux qui palpitent.
Garde manger confondus avec les tombes reposant au fond de la crypte.
Message crypté, massage type, métastase en chapelet et chapeau du mauvais type.
Air ahuri à la vision de ses propres tripes.
Pontage coronarien, Corot n'a rien peint, il a frotté ses toiles sur des paysages pour les voler, il a fait de même avec des visages
Masque de cire, noblesse de sang, pas de messieurs mais des messires.
Vampire, messie, et lessive, blasphème sculptés, le christ sur sa croix prenant des poses lascives.
Sucs digestifs, compréhension optimale, fils de pensées noués et fondu autour de mes amygdales.
Étranglement, étrangement sec, trop de voix qui jactent, idées abjectes.
besoin de méditer sur les médicaments en poudre grise qu'on m'injecte.

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